Le magazine et marché mondial pour les passionnés de voitures classiques, par des passionnés.
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Une expérience de conduite à l’état pur. Peu de voitures offrent à leur conducteur une connexion aussi directe, presque physique, entre le volant et la route. La Lotus Seven procure un frisson électrisant, sans artifices.
Avant l’ère du automobile chic des années 1960, des formes italiennes en coin et des intérieurs à carreaux écossais, Lotus avait tourné déjà le regard vers la course. Le succès de la marque du Norfolk avec la Mark VI marqua le début d’une nouvelle ère du design ultraléger. Dès 1957, un nouveau modèle était en préparation pour remplacer la Mark VI, à peine âgée de cinq ans. La philosophie de son fondateur et directeur, Colin Chapman – simplicité et légèreté – trouva son expression la plus pure dans la Lotus Seven.
Construite autour d’un châssis tubulaire et de panneaux en aluminium à double courbure, la Mk1 Seven devint la référence du roadster léger moderne. Avec sa silhouette allongée, la Seven incarnait un parfait équilibre entre simplicité et efficacité. Grâce aux connaissances de Chapman en aérodynamique et en ingénierie aéronautique, la voiture bénéficiait d’un centre de gravité remarquablement bas – elle épousait la route au lieu de flotter au-dessus. Son agilité était incomparable, surtout démontrée sur circuit.
Des photos d’époque, prises en mai 1960, immortalisent ses exploits en compétition : au volant de sa Mk1 verte et jaune, Tonio Hildebrand prend la tête sur le circuit de Zandvoort, aux Pays-Bas.
Les performances de la Seven devaient beaucoup à son moteur. Sous le capot en aluminium poli se trouvait un bloc Ford à soupapes latérales de 1 172 cm³ développant entre 28 et 36 ch. Avec des carburateurs SU jumeaux et un collecteur d’échappement optimisé – options proposées par Lotus – la puissance pouvait atteindre environ 40 ch.
Chapman voulait également que la Seven soit économique et accessible. Pour éviter la taxe d’achat, tous les modèles étaient vendus en kit et – célèbre anecdote – sans notice de montage. Pour un amateur, assembler la voiture relevait du défi. Un autre problème était le coût de fabrication : les panneaux d’aluminium, bien que légers, exigeaient un travail manuel considérable. La Mk2 adopta donc une proue en fibre de verre avec gelcoat, fixée à la carrosserie en aluminium. Plus orientée route que la première, elle restait cependant peu à l’aise sous la pluie.
Lotus poursuivit le développement à travers deux autres versions, culminant avec la Mk4 en 1968. Lorsque Caterham Cars racheta les droits en 1973, une nouvelle ère commença. Plus de cinquante ans plus tard, sous la marque Caterham, la Seven procure toujours le même enivrant plaisir de conduite.
La simplicité, il semble, ne se démode jamais.
Texte : Alexander Simmons-Miller