Filter

Steve McQueen : la légende revisitée à Rétromobile

Légende absolue du cinéma mondial, Steve McQueen a laissé derrière lui non seulement une filmographie exceptionnelle, mais aussi une passion dévorante pour les voitures de sport et les motos. Les visiteurs du pop-up garage le plus captivant dédié aux véhicules de collection pourront plonger dans cette passion lors de la 50e édition de Rétromobile.

En partenariat avec Les Epicuriens, le NOC et AXA Passion, Rétromobile organise une grande rétrospective consacrée au « King of Cool » dans l’espace Moto du pavillon 7.2, présentant les modèles emblématiques qui ont marqué la vie de l’acteur. La Triumph TR6 de 1961 du film « La Grande Évasion », une Husqvarna 400 Cross de 1971, une Honda 250 SRM de 1971 ou encore la mythique Mustang Fastback de 1968 de « Bullitt » comptent parmi les véhicules que les visiteurs de Rétromobile 2026 pourront (re)découvrir.

 

Steve McQueen : une vie dédiée à la course

Sa passion était telle qu’il avoua un jour à son biographe William F. Nolan : « Je ne sais pas si je suis un acteur qui fait de la course ou un pilote qui joue la comédie. » McQueen menait les deux carrières de front, mais son cœur appartenait à la course – moto ou auto, peu importait. Son fils Chad confirmera plus tard : « Papa adorait la course. C’était sa drogue. » Et pourquoi s’en priver ? Son talent était réel, qu’il tienne un guidon ou un volant.

 

Steve McQueen et la moto : la naissance d’une vocation

Sa passion pour la mécanique a commencé avec les motos, symbole ultime de liberté – une valeur essentielle pour lui. La modeste bourse qu’il reçut pour étudier le théâtre à la Playhouse School de Sanford Meisner suffisait à peine à ses besoins, alors McQueen complétait son revenu en remportant des courses moto sur le circuit de Long Island. « Je gagnais beaucoup de courses et me faisais deux cents dollars le week-end », disait-il. Bud Ekins, l’homme qui l’initia à la moto, confirmait : « Steve avait un vrai talent pour l’off-road. » Les deux hommes devinrent inséparables, Ekins étant aussi concessionnaire Triumph en Californie.

 

Bud Ekins : une rencontre décisive

Un jour, McQueen entra dans sa concession pour vérifier la garantie d’une Triumph Bonneville de 1959 achetée à l’acteur Dick Powell. Ce fut le début d’une grande amitié. Bud lui enseigna les bases et tous deux sillonnaient ensemble le désert de Mojave et au-delà. « Je suis le plus heureux sur une piste, seul, à fond sur une moto. C’est là que je veux être, bien plus que sur un plateau », confiait McQueen. À l’époque, pour le croiser, mieux valait se rendre dans le désert californien, sur des terrains aussi magnifiques que périlleux.

 

Steve McQueen : du roi des plateaux au roi des pistes

McQueen n’a jamais fait semblant. En 1962, pendant le tournage de « La Grande Évasion », il proposa lui-même la scène finale où son personnage tente d’échapper aux nazis en sautant un barbelé à moto. Si ce saut mémorable fut réalisé par son ami Bud, McQueen exécuta lui-même toutes les autres scènes de poursuite – « comme s’il courait une vraie course », raconta Ekins.

Il gagna ensuite sa place dans l’équipe américaine pour l’International Six Days Trial (ISDT) du 7 au 12 septembre 1964 à Erfurt. Peu habitué aux terrains humides, il fit pourtant preuve de combativité. Deux chutes eurent raison de sa Triumph TR6 SC, gravement endommagée, tandis que Bud se brisa la cheville. Malgré cela, l’équipe décrocha l’or grâce à Dave Ekins et Cliff Coleman.

 

Steve McQueen : une passion intacte

La course l’occupait moins un temps, mais McQueen continuait de bricoler ses machines et de rouler sur les tournages. Pendant « La Canonnière du Yang-Tsé », il se sauvait entre deux scènes sur une Suzuki de compétition – évidemment sans casque. Rétromobile exposera de nombreuses motos retraçant cette passion : les six Triumph d’usine préparées pour l’ISDT 1963, une Rickman Métisse MK3 réédition de 1966, la Triumph N13 Bud Ekins Desert Slade de 1963, la Triumph TR6 de « La Grande Évasion » ainsi que la Husqvarna 400 Cross de 1971.

 

Steve McQueen : roi de la route

Quand il ne roulait pas à moto, Steve était au volant d’une voiture. Dès la fin des années 1950, il s’acheta avec ses premiers cachets des voitures de sport qu’il engagea en SCCA. Il se lia d’amitié avec Stirling Moss, ce qui lui valut une participation aux 12 Heures de Sebring au volant d’une Austin-Healey Sprite officielle. La voiture abandonna, mais McQueen promit de revenir. Ses tournages l’éloignèrent provisoirement des circuits, mais à la fin des années 1960, la fièvre de la course le rattrapa.

Déterminé à tourner un film sur les 24 Heures du Mans – et à y participer – il fit acheter une Porsche 908-02 Spyder par sa société Solar Productions. Il la testa sur des circuits américains avant de s’aligner en mars 1970 aux 12 Heures de Sebring. Malgré un pied gauche dans le plâtre après une chute en motocross, il impressionna par sa vitesse et termina deuxième avec Peter Revson.

 

Steve McQueen : la mécanique au cœur de l’art cinématographique

Dès qu’il le pouvait, McQueen glissait des scènes de poursuite dans les films où il jouait. Ainsi naquit la mythique séquence de « Bullitt », première véritable poursuite automobile à haute vitesse de l’histoire du cinéma. Pendant plus de neuf minutes, McQueen pourchasse une Dodge Charger à travers San Francisco au volant de sa Ford Mustang Fastback V8 GT 390. Les deux voitures seront exposées à Rétromobile.

Comme toujours, il refusa d’être doublé. « Nous avons tourné la poursuite en dernier car Steve tenait à tout conduire lui-même », expliqua le réalisateur Peter Yates. Le moindre accident aurait compromis tout le film – impensable.

 

Publié:
jeudi novembre 20th, 2025

Ajoutez un commentaire...


Connectez-vous pour poster directement votre réaction

Téléchargez des images de votre réaction